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Les vacances avec son compagnon

La leishmaniose

La leishmaniose

Un article qui pourrait vous intéresser ? Une nouvelle vaccination Leishmaniose en une seule injection.

Qu’est-ce que c’est ?

La leishmaniose est une maladie infectieuse, inoculable, due au développement d’un parasite du genre Leishmania (Leishmania infantum en France).

Le parasite est transmis par l’intermédiaire des phlébotomes, c’est un peu comme des moustiques (Phlebotomus ariasi ou Phlebotomus perniciosus en France). Ni la puce, ni la tique n’ont été démontrées comme pouvant être des vecteurs de cette maladie.

On rencontre beaucoup cette maladie dans les tropiques, mais elle ne s’y limite pas. Environ 2 millions de cas humains sont répertoriés chaque année dans le monde.

Le sud de la France est principalement touché mais cette maladie progresse depuis plusieurs années en France comme en Europe. La leishmaniose humaine est ainsi devenue une des priorités de l’OMS !

Il s’agit d’une zoonose : une maladie pouvant affecter l’Homme. En effet, le chien étant une source de parasites pour les phlébotomes, ils peuvent ensuite transmettre la maladie à l’Homme par piqûre. Le chien est ainsi un des principaux réservoirs de cette maladie.

Plus rarement, le parasite affecte également le chat, des rongeurs sauvages et des carnivores sauvages (renard) mais le rôle épidémiologique de ces animaux en tant que réservoir de la maladie humaine est inconnu.

Quels symptômes ?

Les symptômes peuvent être plus ou moins importants et d’évolution plus ou moins rapide, permettant la distinction de formes aiguës et de formes chroniques.
Ces dernières représentent la majorité des cas. Parfois les signes cliniques apparaissent un an après l’inoculation des parasites.

Certains animaux restent porteurs sains, entretenant ainsi le foyer infectieux, et ne développent pas les symptômes.

La leishmaniose est en général difficile à reconnaître en raison des diverses formes cliniques qu’elle peut revêtir. Elle peut affecter la peau, les yeux, les reins, le système digestif…

On rencontre :
–  Des lésions dermatologiques : squames, perte de poils, ulcérations, pustules, nodules, granulomes, hyperkératose, des ulcères cutanés de la truffe et des pavillons auriculaires …
–  Des signes plus généraux : amaigrissement, fonte musculaire, rhinite, pneumonie, abattement, diarrhée, coliques, hyperthermie, saignements du nez..
–  Des problèmes ophtalmologiques : kérato-conjonctivite, uvéite, kératite, photophobie …

Souvent, les noeuds lymphatiques sont augmentés, et sur la prise de sang, l’animal présente une hyperprotéinémie, une anémie, une leucocytose en phase précoce et une leucopénie en phase tardive.
Il semblerait que le Boxer soit particulièrement sensible à cette maladie.

Les reins sont rapidement atteints car des complexes immuns s’y déposent et créent une glomérulonéphrite grave et irréversible, importante à analyser avant tout traitement.

Quelle contamination ?

La transmission se fait principalement par un vecteur : le phlébotome qui transmet le parasite présent dans le derme et les vaisseaux lymphatiques.

Une transmission par accouplement, transfusion, ou de la mère au chiot est également possible chez le chien.

Comment la diagnostiquer ?

N’oubliez pas de préciser à votre vétérinaire tout séjour dans le bassin méditerranéen.

Cette maladie peut prendre des formes très variées et peut se déclarer longtemps après la contamination de votre animal (parfois cela prend 3 mois à 1 an ! ) ce qui rend son diagnostic parfois très difficile.

 

En plus d’éléments de suspicion clinique (séjour dans le sud, symptômes et résultats de prise de sang), votre vétérinaire pourra vous proposer des examens de confirmation basés sur des ponctions de noeud lymphatiques, moelle, articulations,  pour établir son diagnostic, mais aussi pour le suivi.

Quel traitement et quel pronostic ?

Le pronostic est souvent réservé et dépend des lésions affectant les différents organes. Le traitement permet juste de contrôler les signes cliniques mais pas de guérir le chien en le débarrassant totalement du parasite, on comprend bien que les mesures préventives sont essentielles!

Le traitement ne peut être envisagé que si le bilan sanguin complet révèle un fonctionnement normal des reins, et une amélioration sous perfusion. En effet, le traitement est filtré par les reins et peut être toxique pour le chien si ceux-ci ne fonctionnent pas bien.

Un traitement lourd peut être mis en place et peut engendrer des effets secondaires non négligeables. Un traitement à vie est souvent instauré pour maintenir une charge faible en bactérie dans l’organisme du chien.

Malgré ce traitement de nombreuses rechutes sont possible et le chien doit être suivi au moins une fois par an.

Quelle prévention 

Des molécules répulsives et insecticides contre les phlébotomes : les pyréthrinoïdes

Le recours aux insecticides pour prévenir les piqures d’insectes est important. Il existe des formulations variées, sous formes de collier ou de pipettes. Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire.

Le chat pouvant être touché par la leishmaniose, il faut aussi le protéger, mais attention à lui choisir un insecticide adapté car toutes les molécules ne sont pas bonne pour lui.


De plus, une vaccination est possible !

Il est recommandé de vacciner les chiens allant dans les zones d’endémie : le bassin méditerranéen notamment.

Le vaccin diminue les symptômes chez votre chien mais n’empêche pas sa contamination. Elle est particulièrement intéressante dans le cadre d’une protection humaine car le chien vacciné est une moindre source de leishmanies pour le phlébotome.

Un vaccin a été développé par Virbac ®. Il concerne les chiens de 6 mois ou plus.
La première année la primo-vaccination se fait en 3 injections à 3 semaines d’intervalles.
La protection commence 4 semaines après la dernière injection.
Le rappel de vaccination se fait ensuite par une injection tous les ans.

Très récemment (février 2018), MSD ® a communiqué sur un nouveau vaccin qui ne demanderait qu’une seule injection, toujours après l’âge de 6 mois, avec un rappel annuel de vaccination. L’immunité débuterait 4 semaines après la première injection et durerait 1 an.

Ces vaccinations sont à faire seulement chez les chiens sains, séronégatif (après un test sanguin permettant d’écarter le fait que votre chien a été en contact avec le parasite).

La vaccination ne doit pas empêcher de prendre d’autres mesures pour réduire l’exposition aux moustiques, elle n’est qu’un moyen supplémentaire de protéger votre chien et de lutter contre la leishmaniose.

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