Pourquoi faire stériliser mon animal ?

A l’échelle individuelle

La stérilisation est d’abord un confort et une sécurité pour vous ainsi que votre animal :

Les comportements liés à la sexualité peuvent parfois être gênants ou être source de danger pour votre animal.

En effet, en période de chaleurs, chacun veut rejoindre son compagnon et les fugues sont très fréquentes. L’animal peut se perdre, se faire renverser par une voiture, ou investir les propriétés voisines avec les désagréments qui en découlent. Les mâles peuvent se battre entre eux pour une femelle et les femelles peuvent s’impliquer dans des bagarres de territoire. Des blessures parfois graves comme des plaies surinfectées ou des abcès sont les conséquences fréquentes de ces rencontres. Mais, les morsures, ainsi que le coït, permettent également la transmission de maladies comme, par exemple la leucose féline, le sida du chat. Il est nécessaire de rappeler qu’il n’existe pas de traitement contre des deux maladies et même pas de vaccin pour cette dernière. Tout rapport sexuel peut, par ailleurs, être source de transmission de nombreuses infections génitales.

D’autres comportements physiologiques mais souvent signalés comme gênants sont réduits ou disparaissent avec la stérilisation. Nous pouvons citer les miaulements forts et intempestifs de la minette en chaleurs, les saignements de l’oestrus chez la chienne et le marquage par les urines des mâles.

Les maladies liées à l’imprégnation hormonale sont un autre risque que vous prenez en gardant votre animal « entier ».

La castration chez les chiens mâles peut être la solution pour les soucis comportementaux liés aux hormones. Elle induit la disparition du risque de tumeur testiculaire et la diminution drastique des maladies de la prostate.

Pour les femelles, ne pas stériliser augmente drastiquement le risque de pyomètre. L’imprégnation hormonale continue crée des modifications de l’utérus qui permettent à des bactéries de se loger et se multiplier. L’utérus se rempli alors de pus. Les conséquences générales ne tardent pas : insuffisance rénale aigue parfois irréversible, septicémie, rupture utérine avec péritonite. Si la chienne ou la chatte n’est pas opérée rapidement, elle en décède presque toujours.

Les tumeurs mammaires sont une autre maladie extrêmement fréquente chez les femelles non stérilisées. Ces tumeurs sont la plupart du temps cancéreuses et sont à plus de 50%, déjà métastasées une fois qu’elles sont détectées.

La stérilisation avant l’âge de 2 ans protège de manière significative du développement des tumeurs mammaires.

Une fois la tumeur développée, la stérilisation est également indispensable pour ralentir l’évolution du cancer

Dans tous ces cas cités, une stérilisation au moment de l’apparition de la pathologie est nécessaire mais les conditions dans lesquelles elle est réalisée sont nettement plus dangereuses pour l’animal : âge, maladie concomitante qui affaiblit, et conséquences parfois irréversibles. Il est donc plus raisonnable de ne pas attendre l’apparition de ces maladies pour stériliser.

Le contrôle des naissances

Stériliser les animaux non reproducteurs permet d’éviter la prolifération des animaux qui a des conséquences sur les abandons bien connues : chaque année de nombreux chiots et chatons sont noyés, euthanasiés, abandonnés, jetés dans des poubelles….

Une chienne saillie par un mâle errant, disproportionné par rapport à sa taille, et qui mourrait ou aurait besoin d’une césarienne pendant la mise bas de chiots trop grands pour son bassin est protégée de ce genre de dangers si elle est stérilisée.

Les inconvénients

Pour bien conseiller, il faut être honnête. La stérilisation chirurgicale comporte des inconvénients. Ceux-ci sont minimes par rapports aux bénéfices et ils sont aisément contrôlés

Le risque anesthésique

Toute anesthésie modifie la dynamique cardiorespiratoire et peut conduire à un arrêt de ces systèmes. Ce risque est minimisé par l’utilisation de protocoles sécurisés d’anesthésie et de réanimation validés par des études, la mise en place d’accès veineux et d’intubation trachéale systématiques, la surveillance pré- et post-opératoire, ainsi que la réalisation de bilan sanguins pré-anesthésiques adaptés à l’âge et l’état physiologique de votre animal.

Ce risque augmente inexorablement avec l’âge et la présence de maladies. Il vaut donc mieux éviter d’attendre que votre animal soit âgé et malade pour réaliser l’intervention. L’opération est, alors, toujours réalisable, les risques minimisés, mais le danger est néanmoins plus élevé.

La prise de poids

Le système sexuel se mettant à l’arrêt. Le métabolisme de votre animal se ralentit. Il a besoin de moins d’énergie et en utilise donc moins. De plus, l’absence d’hormones sexuelles augmente le seuil de satiété. Votre compagnon aura dès lors plus souvent faim. Ces deux conditions réunies, donnent un risque accru de prise de poids qu’il faut connaître et prévenir. Si l’alimentation est contrôlée tant ne quantité, qu’en qualité dès l’opération, la prise de poids est modérée voire absente et le problème est aisément contourné.

En prescrivant à votre animal une alimentation adaptée à son état physiologique, tant en quantité et en qualité, nous limiterons la prise de poids tout en gardant votre animal dans un état de santé optimal.

L’âge de la stérilisation

Pour les chiennes les recommandations internationales jusqu’à présent conseillaient une stérilisation précoce avant les premières chaleurs pour réduire le risque le plus possible. Des études récentes ont prouvé que le moment idéal pour réaliser la stérilisation et le rapport bénéfice/risque lié à cet acte varient selon la race et ils doivent être évalué avec votre vétérinaire au moment des visites prépubères.
Pour certaines races il est désormais recommandé d’attendre l’âge de 12 mois afin de limiter le risque de certaines tumeurs ou de troubles ostéoarticulaires liés à l’effondrement hormonal post stérilisation.

Qu’en est-il des autres méthodes ?

Des méthodes de contraception médicales existent mais ne sont pas toujours adaptées. La pilule pour les femelles ainsi que les injections de contrôle des chaleurs ou d’avortement peuvent être responsables, dès la première exposition d’une augmentation du risque de tumeurs mammaires et de pyomètre. Ces méthodes sont donc à proscrire dans la majorité des cas, car potentiellement dangereuses.

L’implant contraceptif pour mâles (Suprelorin) est onéreux et doit être renouvelé régulièrement. Il est acceptable pour les mâles reproducteurs dont il faut momentanément interrompre la fonction sexuelle ou afin de déterminer l’intérêt d’une castration physique. Cette méthode est réversible. Il est cependant la technique de choix pour stériliser les furets.

 

L’implant contraceptif peut être aujourd’hui utilisé chez la femelle, mais la durée d’action semble plus longue (jusqu’à 2 ans chez la chatte) et n’est pas encore tout à fait déterminée.

Conclusion

La stérilisation chirurgicale reste la méthode de choix pour vous protéger de la perte de votre animal, pour lui éviter des maladies ou des situations désagréables. Elle prolonge indiscutablement la durée de vie de votre chien ou chat, et vous permet d’être plus tranquille quant à la vie qu’il mène.

La méthode est éprouvée, tant au niveau de la technique que de l’anesthésie. Les risques sont donc minimisés tant que l’acte se réalise dans des conditions optimales de santé. Les conséquences sur la prise de poids sont aisément contrôlées avec une alimentation adaptée.

Nos vétérinaires et assistantes restent à votre disposition pour discuter du meilleur moment, de vos éventuelles réticences et des méthodes de stérilisation de votre compagnon.